Les wargames “à blocs” : le système pour générer le brouillard de guerre

Rédigé par Olivier Aucun commentaire
Classé dans : L'exposition jeux de guerre Mots clés : aucun
Sekigahara : The Unification of Japan, GMT Games 2011 [ce texte vient en complément de l'exposition Jeux de guerre]
Naissance des wargames à blocs
Le système de wargames à blocs repose sur une asymétrie d'information : seul le propriétaire connaît les données précises de ses pièces, plongeant l'adversaire dans un brouillard de guerre permanent. Les informations des unités ne sont révélées que lorsqu’il y a confrontation entre les deux antagonistes afin de résoudre les combats.


Le premier jeu connu de ce type a été présenté au Concours Lépine en 1909 par Hermance Edan. Il s’agit du jeu L'Attaque. Ces premiers jeux sont toutefois très simples car les unités ne possèdent que peu d’informations et sont identiques en nombre et en force pour les deux joueurs.


Les wargames à blocs modernes
Tout en conservant le principe de base des pièces ou blocs à faces distinctes, les wargames à blocs modernes intègrent également des informations plus complètes sur les unités, à l’image des pions des wargames classiques, et des mécaniques de jeu originales.
Par exemple, dans Sekigahara : The Unification of Japan, publié en 2011 par GMT Games*, l’activation des blocs est couplée au principe de card-driven et intègre des tests de loyauté des clans : durant un combat, un bloc peut basculer dans le camp adverse si le joueur ne dispose pas des conditions nécessaires pour conserver la loyauté du clan concerné.
Dans Kiev ’41 (VentoNuovo Games, 2019), la représentation de la puissance des blocs est réalisée grâce à leur rotation. Comme ces blocs redeviennent cachés pour l’adversaire après les combats, l’incertitude persiste sur l’état réel des unités encore en jeu.
Ces deux exemples montrent qu’il est possible d’implémenter de multiples éléments pour représenter l’incertitude des conflits au sein de wargames sur plateau.

* Sekigahara, en octobre 1600, est « la bataille qui décida de l'avenir du pays », marquant la fin de l'époque Sengoku et le début de l'époque d'Edo.

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