Renouveau de l’édition française
Rédigé par Olivier
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Classé dans : L'exposition jeux de guerre
[ce texte vient en complément de l'exposition Jeux de guerre]
Après les temps héroïques des premiers jeux, publiés par Jeux Descartes, Hexalor, Mazas et plusieurs autres micro éditeurs, avec des auteurs comme Jean-Jacques Petit, Jean-Pierre Défieux, Xavier Jacus, Hector-Alain Cornejo parmi d’autres, vient une période intermédiaire entre 1990 et 2000 où de petites structures comme Socomer Editions ou Azure Wish tentent de maintenir le souffle de la création. En toile de fond, le Cercle de Stratégie et son Journal du Stratège gardent l’intérêt constant chez les francophones.
Les années 2000 sont une période sombre en termes de publication, avec un seul phare, Vae Victis. Il y avait pourtant eu de bonnes séries et de bons jeux, comme la série Vive l’Empereur dont 4 jeux avaient paru avant 2000. Mais en 2005, force est de constater que le milieu de l’édition de jeux en France n’allait pas bien. Le dernier wargame publié par jeux Descartes est Mare Nostrum en 2003.
La Nature ayant horreur du vide, sous l’impulsion de François-Stanislas Thomas, rassemblant trois autres auteurs entreprenants, Jean-Claude Bésida, Christophe Gentil-Perret et Didier Rouy, est créée Pratzen Editions. Cette société fait ses preuves d’abord avec un jeu sans pions, le Vol de l’Aigle, puis avec le Grand Empire, puis deux autres jeux sans pions (Volume 2, le Combat de l’Aigle). Elle publie 8 jeux, avant de devenir uniquement une structure de création, proposant ses réalisations à des éditeurs américains (Legion Wargames, Compass Games) et français. Parallèlement, de nouvelles structures de publication sortent de terre pendant toute cette période jusque très récemment : Hexasim, Shakos, Nuts Publishing, Fellowship of Simulations, avec des auteurs de talent comme Denis Savage, Philippe Thibaut, Walter Vejdowsky et bien entendu Frédéric Bey.
Le milieu du jeu en général et celui de simulation historique en particulier est d’un dynamisme extraordinaire, et le jeu français en fait partie. Toujours de nouveaux mécanismes, échelles, même sur les campagnes de l’Empire tant de fois simulées, et de nouvelles périodes, la première guerre mondiale en particulier. La création n’est pas près de s’arrêter.
Frédéric Bey, l’auteur français le plus prolifique
Frédéric Bey a découvert le wargame en 1978, en jouant à l’Austerlitz de Jean-Pierre Défieux. Quinze ans plus tard, il crée et publie son premier jeu d’histoire consacré à la guerre des Gaules en encart du magazine Casus Belli.
A partir de 1997, les choses s’accélèrent au sein de VaeVictis, le magazine français des jeux d’histoire, avec la publication de Jours de Gloire, une série consacrée au bicentenaire de plus de 40 batailles napoléoniennes. Il lance le Trophée du Bicentenaire, compétition qui rassemble chaque année de 50 à 80 joueurs. Au total, 3 000 parties seront jouées en 19 années de compétition sur ce système de règles.
Au total, Frédéric Bey concevra et publiera plus de 75 jeux d’histoire portant sur l’Antiquité, le Moyen-Âge et le Premier Empire, chez plusieurs éditeurs français et américains. Ses jeux, systématiquement conçus et publiés en français, sont également traduits en anglais et couvrent toutes sortes d’échelles : tactiques, opérationnelles ou stratégiques. Admis en 2024 dans le « Wargaming Hall of Fame », Frédéric Bey est avant tout un passionné d’histoire, auteur de plusieurs livres d’histoire militaire dont une Infographie de l’empire napoléonien en 2023.