les wargames au sein des armées
Rédigé par Olivier
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Classé dans : L'exposition jeux de guerre
Par Antoine Bourguilleau[ce texte vient en complément de l'exposition Jeux de guerre]
Dans toutes les méthodes de planification des armées modernes, il est prévu de confronter les possibles plans choisis aux possibles plans de l’ennemi et de résoudre ces confrontations par un « wargame » afin d’en tirer des enseignements sur les défauts du plan et les possibles corrections à y amener. Et il est tout aussi intéressant de constater que sauf en de fort rares occasions, ce wargame n’est pas joué. Par manque de temps. Où pour d’autres raisons ?
Si le temps joue un rôle, il n’est sans doute pas le seul fautif. Les militaires veulent davantage de réponses que de questions. Ils veulent des certitudes – une exigence raisonnable quand on exerce un métier ou la sanction de l’erreur est possiblement la mort – où l’humiliation.
S’il n’est pas aujourd’hui utilisé à sa juste valeur dans les phases de conception de manœuvre, le jeu de guerre l’a été par le passé. C’est en pratiquant des wargames (plus de 200) que la marine américaine en est arrivée à la conclusion au début des années 1930 qu’une guerre navale dans le Pacifique se caractériserait par une stratégie de sauts de puce d’un archipel à un autre en direction du Japon – et qu’il lui fallait donc développer ses capacités logistiques pour y parvenir.
Le jeu de guerre est désormais essentiellement utilisé dans les armées à des fins pédagogiques, pour réviser les fondamentaux de la tactique et de la stratégie. Il l’est aussi pour de la prospective (et que se passerait-il si les Russes envahissaient les pays baltes ?), des réflexions capacitaires (quel serait l’effet de la nouvelle génération de drones ou de chars sur la conduite des opérations ?) ou doctrinales (comment employer au mieux l’artillerie longue portée ?), mais aussi pour passer un bon moment entre collègues car le jeu est un outil pédagogiquement performant ; il permet des discussions plus franches, soulève sans cesse de nouvelles questions et offre un cadre concret à des débats de fond.